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Le train corse conçu sous Napoléon III
C’est en 1855 qu’un receveur général
des finances corse en poste à Paris
publie le premier plaidoyer pour la
création d’un chemin de fer sardocorse « ayant pour but de rapprocher
les distances entre l’Europe et l’Afrique
en passant par la Corse et la
Sardaigne ». Partis de Marseille,
Gênes et Livourne, les bateaux viendraient
accoster à Bastia, d’où leur
charge serait transportée par voie
ferrée jusqu’à Bonifacio, puis par
bateau jusqu’en Sardaigne et reprise
par train, puis à nouveau par voie
maritime de Cagliari à Bône et, de là,
diffusé en Algérie.
Il faut cependant attendre le 31 août
1861 pour voir le Conseil Général
demander à l’unanimité au gouvernement
impérial « la prompte réalisation
d’un chemin de fer d’Ajaccio
à Bastia par Sartène, Bonifacio et la
plaine orientale, avec un embranchement
d’Aleria à Corte ».
En 1862, puis en 1863, l’assemblée
départementale revient à la charge
en précisant ses trois projets : Ajaccio-Corte-Bastia ; Bastia-Bonifacio ; Porto-Vecchio-Sartène-Ajaccio. En 1865, tandis qu’un Cortenais, Léonard Pieraggi, adresse directement à l’Empereur d’audacieuses propositions comportant un maillage de lignes. Dans le même temps, l’ingénieur Vaisson suggère, pour emporter l’adhésion de Napoléon III, que
son jeune fils, le Prince impérial,
reçoive le titre de «Roi de Corse».
Les années passent et, comme la
fameuse Soeur Anne, la Corse ne voit
rien venir. En 1868, pourtant, on annonce la construction prochaine
d’une ligne Bastia-Bonifacio avec
embranchement à Figari vers Sartène
et Ajaccio. Les Ajacciens protestent.
Finalement, en 1870, le gouvernement
décidera : Ajaccio-Bastia par
Corte, et Bastia-plaine orientale ensuite.
Mais l’Empire tombe à Sedan et c’est
à la République qu’il appartiendra de
construire le réseau, de 1879 à
1894…

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