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Le cap corse
De Bastia à Bastia,
le tour du Cap
corse est long de
128 km. Il longe
une côte escarpée,
dominant la presqu’île
qui culmine à
plus de 1200 m. La
nature des roches à
dominante de
schistes lustrés à
l’Est et d’ophiolites
à l’Ouest, le réseau
hydrographique qui
a caractérisé les
compartimentages
humains, les nombreuses failles où ont été découvertes et souvent exploitées des
fossilisations (marbres calcaires, quartzites verdâtres, grenats, silices noirs, gabbros
divers, etc), en font un paysage extrêmement varié et pittoresque.
La côte Est, de Bastia à Macinaggio, offre sur 38 km une urbanisation quasi continue
jusqu’à Erbalunga, puis des petits villages avec leurs marines (Sisco, Pietracorbara,
Cagnano, Santa-Severa, et Meria). Que l’on ne s’y méprenne cependant
pas : située à Pietranera par Mérimée, l’action de « Colomba » se déroule bien
plus au Sud, à Fozzano dans les environs de Propriano. En revanche, le pèlerinage
de Lavasina, où des dizaines de milliers de fidèles viennent le 8 septembre
adorer un tableau miraculeux datant de 1677 voué à la Madone est assurément la
plus grande manifestation religieuse insulaire.
Dotée d’un port de plaisance très fréquenté, Macinaggio possède à la pointe de
Coscia une grotte située au-dessous du niveau de la mer où des archéologues
réputés ont découvert des ossements d’animaux vieux de 60 ou 70 000 ans et,
plus récemment, selon l’éminent spécialiste Eugène Bonifay, le premier indice
d’une présence humaine en Corse pendant le Paléolithique. Rogliano, dont
Macinaggio est l’un des huit hameaux, est historiquement la capitale du Cap :
elle fut dès le XIIIe siècle le fief de San-Colobano dévolu à la famille Da Mare.
Du château de San-Colombano, on peut encore admirer les ruines.

Une vingtaine de kilomètres séparent Macinaggio de Centuri, par Ersa et Morsiglia,
où le couvent des Servites (XVIIe) est encore bien conservé. Quelques îles
(Finocchiarola et surtout la Giraglia, dont le phare de 26 m de haut, achevé en
1848, est l’un des plus puissants de la Méditerranée) parsèment un littoral que
domine la tour de Senèque, sans doute ainsi nommée parce que le philosophe
romain, exilé en Corse par Néron, n’y séjourna jamais !...
De Centuri à Patrimonio (50 km), la côte occidentale propose Pino avec son couvent
et ses spectaculaires sépultures, Canari, où l’existence sur un si beau site de
l’ancienne usine d’amiante (fermée en 1964) constitue un regrettable hiatus, Nonza, bâti sur un à-pic de cent mètres sur la mer dominant une plage de galets
noirs (qui ne sont pas d’origine volcanique, mais sont des «stériles» rejetés à l’eau
par l’usine en question et drossés en ce lieu par les courants), Farinole et, enfin,
Patrimonio, avec ses fameux crus vinicoles, le menhir de San-Martino et ses nuits
estivales de la guitare.
Pour boucler le tour du Cap, la route
emprunte le col de Teghime (536 m),
théatre en 1943 d’une sanglante bataille
pour la libération de Bastia entre les goumiers
marocains et les Allemands.
Montagne dans la mer comme toute l’île,
mais sans doute plus encore en raison de
sa configuration, le Cap Corse paraît à soi
seul un univers. N’a-t-il pas donné son
nom au plus célèbre apéritif insulaire,
créé par Louis-Napoléon Mattei en 1872,
qui était issu d’une famille originaire
d’Ersa (où il dressa comme symbole le
« Moulin Mattei » que l’on peut encore
admirer aujourd’hui), vin tonique au quinquina
à la renommée devenue mondiale
de par la présence des « Corses partout » ?
Et n’est-il pas aussi le haut lieu des tours
génoises, qui semblent encore veiller sur
les rivages, de Miomo à Negro en passant
par Sisco, Pietracorbara, Losse, Santa-
Severa, Luri, Tomino, Rogliano, Finocchjarola,
la Giraglia, Tollare, Centuri, Pino,
Giottani, Canari, Albo et Nonza ? |
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